extraits de http://hmf.enseeiht.fr/travaux/CD0001/travaux/optsee/hym/9/estuaire.htm

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III - Les Estuaires

A - Définition et enjeux

Les estuaires constituent une catégorie de formes littorales qui désignent l'embouchure d'un fleuve sur une mer ouverte et où se font sentir les marées. De cette rencontre entre eaux salées et eaux douces s'ensuivent une dynamique particulière et des mécanismes sédimentaires spécifiques. Parce que ce sont des lieux de contact dans lesquels abondent les éléments nutritifs, les estuaires sont très favorables à la vie végétale et animale. Les estuaires apparaissent donc comme des lieux d'échanges très efficaces d'énergie et de matière entre le domaine marin et le domaine terrestre. Les aménagements dont les estuaires ont été l'objet depuis le milieu du siècle dernier, ont profondément modifié non seulement leur géométrie mais aussi les processus hydrologiques et sédimentologiques naturels. Les estuaires sont des espaces littoraux très sensibles à l'intervention humaine qui bouleverse très vite l'équilibre de l'écosystème.



B -La dynamique des estuaires

Les estuaires sont sensibles à la houle, aux ondes de tempêtes, au vent qui peut faire naître des vagues et est susceptible de renforcer ou de freiner la vitesse des courants de marées. Cependant, les deux forces essentielles qui commandent la dynamique des estuaires sont d'une part celle liée au fleuve, d'autre part celle liée à la marée.

Marée dynamique et marée saline :

La marée provoque dans un estuaire un mouvement alternatif de la masse d'eau qu'il contient. La pénétration de l'eau de mer pendant le flot refoule l'eau douce vers l'amont jusqu'au point à partir duquel on retrouve un courant fluvial dirigé vers l'aval. C'est ce que l'on appelle la marée dynamique dont l'ampleur dépend du marnage, de la pente du lit submergé, de la largeur et de la profondeur de l'estuaire, du débit fluvial. Elle n'a donc pas la même importance en vives-eaux et en mortes-eaux, en étiage, en eaux moyennes et en crues (sur l'Amazone, elle remonte sur plusieurs centaines de kilomètres). La pénétration de l'eau de mer proprement dite dans l'estuaire constitue la marée de salinité dont le front se situe bien en-deçà du point extrême atteint par la marée dynamique.

Dans un estuaire, parce que sa profondeur et sa largeur diminuent vers l'amont, l'onde de marée subit des modifications. D'une part, souvent, le marnage augmente vers l'amont pour ensuite s'amortir et finir par disparaître avec le relèvement de la pente du lit. D'autre part, la courbe de marée perd son aspect de sinusoïde régulière : elle devient de plus en plus dissymétrique au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la mer parce que le flot devient de plus en plus rapide et court par rapport au jusant.

A l'amont, parce que l'eau douce est plus légère que l'eau de mer, l'intrusion saline se termine par un coin, limité par la courbe isohaline de 0.5‰, qui repose sur le lit de l'estuaire et dont la position varie, d'une part avec le coefficient de la marée, d'autre part avec l'importance du débit fluvial. Le mélange entre les deux masses liquides n'est pas immédiat et leur stratification engendre des courants de densité. Il existe ainsi une circulation hydrologique originale qui s'ajoute à celle liée aux courants de marée et qui donne sa spécificité à la dynamique estuarienne.


Conclusion : effets des aménagements sur les estuaires

A partir du milieu du XIXe siècle, spécialement dans les pays industrialisés, a été mis en place un processus continu et progressif d'interventions qui a introduit de profonds changements dans la géométrie et l'hydrologie des estuaires. Les aménagements réalisés pour améliorer la navigation d'une part et pour conquérir le domaine des terres bordières d'autre part, ont parfois profondément perturbé l'équilibre dynamique naturel des estuaires et menacent à plus ou moins long terme l'environnement.

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